En acceptant de souscrire un contrat, ou en faisant l’acquisition d’un bien, le consommateur s’engage. Toutefois, dans certaines situations, il se peut qu’il n’évalue pas pleinement la portée de cet engagement. Aussi la loi lui accorde-t-elle la possibilité de « se rétracter ». Ce droit de rétractation est pour l’essentiel régi par les dispositions du code de la consommation relatives à la vente à distance (art. L.221-18 et suivants).

Que dit la loi ? 

« Le consommateur dispose d’un délai de 14 jours pour exercer son droit de rétractation d’un contrat conclu à distance, à la suite d’un démarchage téléphonique ou hors établissement, sans avoir à motiver sa décision ». La souscription d’abonnement par internet ou par téléphone est donc assortie d’un droit de rétractation, contrairement aux achats et souscriptions effectués en boutique. Dans ce dernier cas, le vendeur peut éventuellement accepter, à titre commercial, d’annuler le contrat ou de rembourser le bien, mais n’a aucunement l’obligation de le faire.

A noter toutefois que le droit de rétractation n’existe pas dans certaines circonstances visées à l’article L.221-28 du code de la consommation, comme dans le cas de services pleinement exécutés, avec l’accord du consommateur, avant la fin du délai de rétractation (par exemple, location de vidéo à la demande).

Quel est le point de départ du délai de rétractation ? 

Le délai de 14 jours court à compter de la souscription du contrat, s’il s’agit d’une prestation de service, ou à compter de la réception du bien, s’il s’agit d’une vente associée à une prestation de service (par exemple, achat de mobile).
Cependant, s’il y a eu démarchage téléphonique préalable, le délai de rétractation ne court pas avant que le consommateur ait apposé sa signature sur le contrat, ou donné son consentement par voie électronique. De même, si le professionnel a omis d’informer le consommateur de l’existence d’un droit de rétractation et de ses modalités, celui-ci est prolongé durant une période pouvant aller jusqu’à un an.

« Le consommateur dispose d’un délai de 14 jours pour exercer son droit de rétractation d’un contrat conclu à distance, à la suite d’un démarchage téléphonique ou hors établissement, sans avoir à motiver sa décision. »

L’exécution du contrat peut-elle commencer avant le terme du délai de rétraction ? 

Oui, à condition que le consommateur donne son accord préalable.
Il est par exemple possible de souscrire un abonnement en demandant à l’opérateur de procéder, sans attendre, au portage du numéro de ligne. Cela ne remet pas en cause la possibilité dont dispose le consommateur de se rétracter ultérieurement.
Néanmoins, demander l’exécution du contrat avant le terme du délai de rétractation comporte certains risques, si le consommateur décide finalement de se rétracter :

Quelles sont les modalités de la rétractation ? 

Le professionnel doit mettre à disposition du consommateur un formulaire de rétractation. Cependant, il n’est pas obligatoire d’avoir recours à ce formulaire. Le consommateur doit simplement veiller à ce que sa demande soit clairement formulée.

Quelles sont les conséquences de la rétractation ? 

La demande de rétractation met fin aux obligations des parties et aux facturations qui s’y rapportent. Toutefois, si l’exécution du contrat a commencé avec l’accord du consommateur, ce dernier doit s’acquitter du prix des services qui lui ont déjà été fournis. Dans l’hypothèse d’une vente, le bien doit être restitué à l’opérateur, les frais de restitution étant à la charge du consommateur.

Conseils 

Demander l’exécution du contrat avant le terme du délai de rétractation comporte certains risques, si le consommateur décide finalement de se rétracter.

L’exercice du droit de rétractation (PDF/162Ko)